Marine Manouvrier, professeure de morale à Jean Absil

Marine Manouvrier, professeure de morale à Jean Absil

Créé le: 20/08/2013, 13h27 - Modifié le: 20/08/2013, 13h34

Au premier trimestre 2013, les élèves de première année de l’athénée royal Jean Absil ont vécu à l’heure du droit international humanitaire. Les élèves ont pu approcher, à travers diverses activités, les problématiques des enfants soldats, de la vente d’armes aux pays en guerre et du droit international humanitaire.

Par un jeudi après-midi d’hiver, les 204 élèves de premières humanités, accompagnés de 16 professeurs, se sont rendus au théâtre de Poche à Bruxelles pour assister à une représentation de la pièce de théâtre Le Bruit des Os qui Craquent. La salle nous était, à quelques places près, entièrement réservée.

Les professeurs des cours philosophiques avaient veillé à préparer les élèves à la pièce qu’ils allaient découvrir. Le thème des enfants soldats est un sujet difficile, souvent douloureux et violent, nous avions donc posé le décor en amont. Cette pièce est normalement destinée à un public plus âgé d’un ou deux ans. Malgré tout, nous avons estimé que si nos élèves avaient le même âge que les enfants soldats, sans doute pourraient-ils être réceptifs face à leur sort et ainsi faire un lien direct avec leur quotidien d’enfants non touchés par les délires de la guerre.

Que nous ayons tous été remués est peu dire ! Elèves et professeurs ont eu bien du mal à sortir indemnes de la pièce. Nous avons été touchés au plus profond de notre être par cette pièce pleine d’humanité, dans tout ce que cela contient de beau mais aussi d’horrible. Les actrices étaient absolument remarquables. La mise en scène simple mais originale a permis aux élèves d’entrer rapidement dans l’histoire.

Mais laissons parler les élèves :

  • Ce qui m’a choqué c’est qu’il y a encore des enfants soldats dans le monde. C’est cruel d’arracher des enfants à leur famille qu’on aime plus que tout à cet âge, Julie Plamtiaux.
  • Avec cette pièce, j’ai eu l’impression de ressentir ce que les actrices essayaient de nous faire comprendre. C’était si émouvant que j’avais les larmes aux yeux, Charlotte Gilis.
  • C’est inadmissible que les enfants se fassent enlever, capturer. C’est comme s’ils étaient déjà morts !, Gaspard Minjauw.

De retour à l’école, dans les semaines qui ont suivi, les élèves ont bien évidemment pu faire part de leurs impressions quant à la pièce. Ils ont d’une part pu poser toutes les questions qui les taraudaient, dire ce qui les avait choqués, émus, dégoutés, horrifiés, fait sourire… Ils ont, d’autre part, rédigé qui une autre fin de l’histoire, qui une lettre à l’un des personnages, qui travaillé sur quelques phrases choc du scénario.

Nous n’en sommes pas restés là ! Une partie des élèves a participé à l’animation Trans’Action de la Croix-Rouge. Il s’agit d’un jeu de rôle dans lequel les élèves sont mis dans la peau de décideurs politiques de pays fictifs. Ils doivent lors du jeu remplir certains objectifs commerciaux, importer ou exporter des matières premières, des armes aussi. Au terme de l’animation, les animatrices de la Croix -Rouge se sont livrées à de savants calculs pour déterminer quelles étaient les pertes humaines pour chaque pays, en fonction des traités ratifiés par nos décideurs en herbe. Le résultat est étonnant, les élèves se sont rendus ainsi compte qu’au bout de la chaîne décisionnelle, il y a le destin d’êtres humains !

L’autre partie des élèves s’est interrogée sur la fabrication d’armes en Belgique et s’est donc livrée à une série de recherches à ce sujet, a lu des articles et en a fait la synthèse. Il était intéressant de voir leur réaction face à cette nouvelle information, oui, l’Etat belge participe à fabrication et à l’exportation d’armes !

Ces activités ont permis d’aborder la notion de droit international humanitaire avec les élèves. Ils ont compris la nécessité de la mise en place de règles de base entre belligérants quant à l’utilisation et la vente d’armes.

A nouveau, laissons parler les élèves :

  • Grâce à Trans’Action, j’ai appris qu’il y a des pays qui vendent des armes à des pays en guerre civile, et à cause de cela beaucoup de civils sont tués … j’ai été touchée par les photos que la Croix-Rouge nous a montrées. Il y avait des enfants qui portaient des armes aussi grandes qu’eux ! Louella Mertens.
  • Il fallait prendre plein de choses en compte pendant le jeu, comme ne pas vendre des armes à un pays en guerre qui ne respecte pas les règles, faire attention à ton budget, aux lois de ton pays, signer des contrats intelligents et ne pas avoir trop d’armes dans son pays. Nicolas Djuroski.

La dernière activité liée à notre thématique a été de mettre en place un projet concret par les élèves et de passer à l’action  ! La fête de l’école se déroulait ce 16 mars et nous avons organisé une exposition photo autour de notre thème de travail. La Croix -Rouge nous a aimablement prêté une dizaine d’images frappantes pour illustrer notre thème. Les élèves ont donc travaillé à l’élaboration de légendes pour chacune d’entre elles, légendes qui comprenaient d’une part la description de la photo et d’autre part leurs impressions face à celle-ci. Ils ont aussi réalisé des panneaux qui mettaient en avant des slogans qu’ils avaient élaborés en classe pour dénoncer la vente d’armes et les violences faites aux civils.

  • Soutenons la Croix -Rouge et son travail pour défendre l’idée d’un droit international humanitaire respecté par tous les pays en guerre. Fanny et Ambre

Lors de la fête de l’école, des post-it ont été mis à disposition des visiteurs, leur permettant ainsi de livrer leur état d’esprit au terme de la visite. A la fin de la journée, notre exposition était bardée de petits carrés jaunes et roses !